Tallinn : une capitale façon conte de fée
Après Vilnius et Riga, la dernière composante du trio balte à entrer en scène est Tallinn, la capitale estonienne. Et quelle entrée ! En voici encore une qui ne manque pas de panache. La vieille ville médiévale – une des plus belles d’Europe ! – a de quoi faire chavirer les cœurs, les maisons couleur pastel ensorcellent et une balade dans les rues tallinoises donne l’impression de prendre place dans une machine à remonter le temps.



Ceci dit, pas plus que ses comparses lituanienne et lettonne la capitale estonienne ne peut se réduire à son centre historique. Bien au contraire : Tallinn multiplie les formes, les architectures et les histoires. Le tout donne à la ville un visage tour à tour grave et joyeux, étrange et décalé, bien plus passionnant à découvrir que les images impeccables du vieux centre qui tournent habituellement en ligne.




Qu’attendre alors d’une balade à Tallinn ? A peu près tout ce qu’il est possible d’imaginer sur un spectre allant de la vieille ville fortifiée aux mikrorayons urssiens et bâtiments soviétiques trainant leur spleen et leur grisaille. Une ligne d’horizon hérissée de clochers et de tours de verre et d’acier, des anciens quartiers de pêcheurs et d’ouvriers cousus de maisons en bois, des espaces culturels alternatifs logés dans de vieux complexes industriels réhabilités aux murs tapissés de graffs, un port à l’activité frénétique, une ribambelle de saunas, un palais russe rouge carmin, une poignée de galeries, un flamboyant musée d’art contemporain, un appétit vorace pour le numérique et l’ultra-modernité… Pas mal pour une capitale loin des radars non ?
Vanalinn : un décor enchanté
Le clou du spectacle c’est lui, Vanalinn, le quartier médiéval classé à l’Unesco et champion de toutes les rimes en -ique : historique, baltique, féérique, touristique, photogénique, épargné par les soviétiques et visage public de la capitale, qui ne s’incarne presque qu’à travers lui.
Vanalinn se déploie sur deux étages : au rez-de-chaussée se trouve All-linn, la ville basse, façonnée par les artisans et les commerçants de la Hanse, et au sommet Toompea, la ville haute, ancien bastion de la noblesse, du clergé et des chevaliers teutoniques.



La vieille ville est pétrie de folklore, mâtinée de poésie, plongée dans une ambiance médiévale qu’accentuent encore les costumes traditionnels que s’amusent à revêtir certains commerçants ou guides touristiques. Le tout est tellement étincelant que Vanalinn semble n’être qu’un simple décor de ville musée. D’ailleurs sur les 440 000 habitants que compte la capitale, seuls 2 000 logeraient encore dans le vieux centre qui abrite principalement musées, hôtels, restaurants et boutiques, sans vraie articulation ni planification entre tous ces usages.



| La ville basse (All-linn)
Comme Riga, Tallinn (« Reval » jusqu’en 1918 et la création de la toute première république indépendante d’Estonie), est un ancien comptoir de la Ligue hanséatique, cette puissante association qui liait entre elles les villes marchandes d’Europe du Nord. Le positionnement stratégique de Tallinn/Reval, entre Saint-Pétersbourg et les grandes cours de l’ouest de l’Europe, permit à la ville de se développer confortablement à la grande époque du commerce dans la Baltique, et à All-linn, fief des marchands hanséatiques, de prospérer.


La ville basse, qui est restée quasi inchangée depuis le XVIe siècle, s’apparente à un dédale de rues pavées et de venelles tortueuses, de tours de guet massives, de petits cafés désuets et de courettes bordées d’ateliers d’artistes, de clochers effilés pointant vers le ciel et de toits pentus dégringolant sous un tapis de tuiles rouges. Sans oublier une myriade de maisons de marchands à pignon sur lesquelles s’ouvrent d’irrésistibles portes… – car Tallinn, par un drôle de tour de magie, fait naître des passions insolites (pour les portes donc).



La vieille ville compte quelques « incontournables » mis en avant dans tous les guides touristiques (Raekoja Plats, l’église Saint-Olav, le passage Sainte-Catherine… on vous redonne la liste plus bas), mais l’exploration se fait surtout au petit bonheur la chance, en suivant l’ancien tracé des remparts ou en tentant de débusquer les façades Art Nouveau ou les palais qu’occupaient autrefois les guildes. Ou bien encore en tendant l’oreille aux contes et légendes qui bruissent un peu partout entre les murs de pierre. Derrière l’histoire officielle se cache une multitude d’histoires parallèles : le diable se serait marié au 16 rue Rataskaevu ; le drôle de bonhomme juché sur un fronton de la maison Reichmann, au 23-25 de la rue Pikk, aurait été posé là par un mari furieux bien décidé à se venger de son voisin surpris en flagrant délit de reluquage de la femme des lieux au moyen de lunettes d’opéra… Quant aux pavés de la place de l’hôtel de ville, ils portent la trace de la seule exécution qui fut jamais prononcée dans l’enceinte du vieux centre, celle d’un prêtre condamné pour le meurtre d’une jeune serveuse « coupable » de lui avoir servi une bière trop tiède… Plus d’informations ici (et dans l’encart ci-dessous).

| Ville basse : pistes d’exploration
Vous ne savez pas par où commencer ? Déambulez donc du côté de :
- La place de l’hôtel de ville (Raekoja Plats) : point de convergence et centre névralgique de la vieille ville. C’est ici que sont organisés tous les grands marchés et festivals de la ville : marché de Noël, fête médiévale de Tallinna Vanalinna Paëvad au mois de juin, marchés artisanaux durant l’été… Au passage, faites un crochet par l’illustre pharmacie installée au n°11 de la place : plus de 10 générations s’y sont succédé depuis 1422 !
- La rue Vana Turg et ses hautes maisons de marchands, construites entre le XIIIe et le XVIIe ;
- Les « Trois Sœurs » : le pendant tallinois des « Trois Frères » rigois, trois demeures de marchands mitoyennes construites au XIVe siècle, reconverties en boutique hotel (au 71 de la rue Pikk) ;
- L’église Saint Olav : la vue est semble-t-il époustouflante depuis le clocher de l’église – mais réservée aux voyageurs estivaux. La flèche est tellement imposante qu’elle servait autrefois de repères aux navigateurs ;
- Le passage Sainte-Catherine (Katariina Gild), repères des artisans de la ville ;
- Les rues Pikk (« Jambe Longue », qui traverse la vieille ville de part en part) et Lühike (« Jambe courte »), les deux « jambes » de Tallinn assurant la jonction entre la ville basse et la ville haute.
Et pour les amateurs de mythes et légendes, pour ceux qui voudraient découvrir tous les secrets de la vieille ville ou explorer la capitale estonienne sous toutes les coutures, Hidden Tallinn propose des tours alternatifs de la ville.



| La ville haute (Toompea)
Au Moyen-Âge, le seul accès vers Toompea se faisait par les rues Pikk et Lühike. Elles ont toutes deux conservé leurs portes fortifiées, que les marchands de la Hanse fermaient de temps à autre lors des périodes de conflits. Ils matérialisaient ainsi la frontière économique et sociale entre ville basse et ville haute, et signifiaient aux seigneurs de Toompea qu’All-linn échappait à leur pouvoir et cultivait un esprit libre, affranchi des liens de servage. Juxtaposées, ville haute et ville basse restaient farouchement imperméables l’une à l’autre.

Depuis, les portes sont grandes ouvertes et notre balade se poursuit sans difficulté sur les hauteurs de Toompea. Au sommet de la colline, là où se tenait autrefois le château fort de Toompea, trône aujourd’hui l’imposante cathédrale orthodoxe Alexander Nevski, coiffée d’élégants clochers à bulbes. Aussi inratable que l’est l’église Olav dans la ville basse, la cathédrale est un legs de la Russie tsariste de la fin du XIXe et un symbole qui continue d’embarrasser. En face se dressent les vestiges de l’ancien château bâti par les Danois – qui à une époque dominèrent eux aussi la ville – et le palais baroque rose bonbon qui sert de siège au Parlement estonien.

A quelques encablures, trois lieux d’exposition ont trouvé place dans les anciens remparts et offrent aux visiteurs un étonnant voyage à travers le temps sur quatre étages, des souterrains jusqu’au chemin de ronde. Les billets pour la tour d’artillerie Kiek in de Kök, la « Maiden Tower » (Neitsitorn) et les souterrains s’achètent soit séparément, soit de façon combinée (le tout est compris dans la Tallinn card).


Le panorama esquissé depuis les remparts justifie presque à lui seul la visite de Kiek in de Kök ; pour autant, la ville haute ne manque pas de points de vue. Le clocher de la cathédrale Sainte-Marie (Toomkirik, XIIIe, qui possède un bel orgue et des murs ornés d’imposantes armoiries) offre par exemple une vue plongeante sur la cathédrale Aleksander Nevski et les toits vernissés de la ville haute. Plus faciles d’accès et plus fréquentées, les plateformes Kohtuotsa, Patkuli et Piiskopi dominent le paysage tallinois et valent leur pesant de yeux écarquillés et de photos en rafale. C’est d’ici que la vue est la plus belle !


Au passage, en chemin vers le point de vue Kohtuotsa, les anciens palais qui bordent la rue Kohtu (XVIIIe/XIXe) méritent eux aussi le coup d’œil – ils rappellent l’âge d’or de l’aristocratie germano-balte. A l’abri de ses épaisses murailles, Toompea évoluait autrefois en vase clos.


| Autres adresses sur la vieille-ville/Vanalinn
- Où se restaurer : Kohvik Must Puudel, Leib et Von Krahl Teater tirent leur épingle du jeu. Le premier, à la fois bar et restaurant, est joyeux et coloré. Le second, gastronomique, fait la part belle aux produits frais et de saison. Quant au dernier, café-bar-restaurant, il jouxte un théâtre d’avant-garde et une salle de concerts. Dans un autre registre, les gourmands pourront s’attabler chez Maiasmokk, le plus vieux salon de thé-pâtisserie de Tallinn, ouvert au début du XIXe siècle et réputé pour ses délicieux massepains.
- Où acheter de l’artisanat local : De très belles boutiques d’artisans sont disséminées le long du passage Sainte-Catherine (Katariina Gild). La « Master’s courtyard », la cour des artisans, recèle également quelques pépites, dont Puu-ja Putukapood qui propose de très splendides objets traditionnels en bois et du linge de maison en lin.
La Tallinn « périphérique »
Kesklinn, le centre-ville moderne, déboule sitôt passées les portes de la vieille ville. A peine un pas de côté et voilà que se dessine une autre Tallinn, qui bruisse, qui joue avec les formes les plus contemporaines, qui retape et construit à tout va. Une Tallinn qui a fait le pari du numérique de façon presque radicale et avance parfois sur un fil, tentant de composer avec les cicatrices des décennies passées (la deuxième occupation soviétique, post-1944, donna lieu à des dizaines de milliers d’arrestations, de déportations et d’exécutions).


| Le Linnahall – Palais Lénine de la Culture et des Sports
Le Linnahall est un de ces exemples de va-et-vient à travers les méandres de la mémoire soviétique. Construit à l’occasion des Jeux Olympiques de Moscou en 1980 (Tallinn devait accueillir les épreuves de voile), le complexe à l’abandon navigue quelque part entre la monstruosité urssienne et la merveille brutaliste. Le dernier concert s’est joué en 2009. Depuis le Linnahall hiberne, espérant que la ville lui redonne une seconde jeunesse d’un coup de baguette magique. Dans l’attente, les gradins bétonnés servent de lieu de rendez-vous aux ados et de plateforme d’observation aux promeneurs venus contempler la ville dans le lointain et les nombreux ferrys à la manœuvre dans les eaux du Golfe de Finlande.


| Kalamaja : flânerie bohème
Kalamaja, le plus vieux faubourg de Tallinn, est un des rares quartiers de la capitale à avoir conservé ses maisons en bois traditionnelles et une poignée de vieux bâtiments industriels en voie de réhabilitation. Kalamaja était autrefois le principal port de Tallinn et le royaume des pêcheurs, marins, dockers et autres constructeurs de bateaux.
Le lancement de la ligne de chemin de fer Tallinn/Saint-Pétersbourg en 1870 changea radicalement la donne et du jour au lendemain, des milliers d’ouvriers affluèrent et d’énormes usines sortirent de terre, modifiant la physionomie du quartier du tout au tout.


Les maisons de bois à deux ou trois étages construites à la fin du XIXe siècle pour loger les travailleurs ont aujourd’hui le vent en poupe et Kalamaja – comme les quartiers périphériques de Riga et de Vilnius constellés eux aussi de maisons traditionnelles – voit ces dernières années sa côte de popularité grimper en flèche, se gentrifiant-boboïsant peu à peu. Le quartier est devenu le quartier le plus en vue de la capitale et un des plus chers sur le marché de l’immobilier.
Point de ralliement de la scène artistique tallinoise, Kalamaja est nourri par une profusion de boutiques de créateurs, de tables gastronomiques, de bars et coffee shops, de centres culturels, repères arty, marché aux puces et jardins fleuris.



Malgré son succès, Kalamaja reste par endroit un quartier brut de décoffrage, ni lisse ni convenu, et les possibilités d’exploration ne manquent pas.

La forteresse maritime de Patarei
On aperçoit sa forme massive depuis la grande esplanade de Linnahall. Posée au bord de la Baltique, Patarei commença son service en 1840 comme caserne de l’armée russe avant de servir de prison à partir des années 1920, jusqu’à sa fermeture en 2004. Rien n’a bougé depuis et l’imposante forteresse est devenu un de ces lieux d’exploration qui aimantent les amateurs d’urbex et les adeptes de dark tourism – tout en restant pour les habitants de la ville un lieu de répression et de violence sinistre. Patarei, comme le Linnahall, attend des jours meilleurs et une possible reconversion en musée/lieu de mémoire.



Musée maritime de Leenusadam
Pas besoin d’être un passionné de technique ou d’histoire maritime pour apprécier la visite ludique et interactive de Leenusadam, fabuleux musée de la mer niché dans un gigantesque hangar construit au début du XXe pour abriter les hydravions. Le clou du spectacle ? L’exploration du sous-marin posé au beau milieu de l’ancien complexe naval, et celle d’un brise-glace amarré à quai.




Balti Jaama Turg
Rénové de fond en comble et rouvert en 2017, le marché fourre-tout Balti Jaama abrite près de 300 stands de restauration, métiers de bouche, café/pubs, primeurs, vêtements/friperies, antiquités, quincaillerie et souvenirs soviétiques etc. Une sacrée pagaille !



Telliskivi Creative City
Tout à côté se trouve Telliskivi, le cœur battant de Kalamaja, un ancien complexe industriel réhabilité qui sert d’aimant à tout ce que Tallinn compte de jeunes créateurs, expérimentateurs, start-upers, designers, graffeurs et autres gigoteurs dans le vent. Tous se pressent entre les murs de la multitude de brasseries, ateliers d’artistes, friperies, clubs, salles de concert, théâtres alternatifs et boutiques tendance qui émaillent le complexe. Le lieu est un poil trop branché et proclamé cool pour être véritablement « underground », mais Telliskivi « Creative City » est un quartier sympa à explorer pour prendre le pouls de la Tallinn « hipster 2.0 » (si on peut dire ça d’une ville pionnière en matière de numérique).

Kultuurikilomeeter
Créé en 2011 quand Tallinn endossa le titre de Capitale européenne de la culture, le « Culture Kilometre » longe le front de mer sur 2,5 km et connecte le Linnahall au cimetière de Kalamaja. La promenade n’est pas spécialement belle mais elle reste intéressante à parcourir pour explorer le passé industriel de la ville, slalomer entre les anciens chantiers navals et entrepôts soviétiques à l’abandon (c’est ici que fut en partie tourné le film Stalker de Tarkovski) et jeter un œil aux quelques graffs qui ponctuent le parcours.
| Découvrir Kalamaja : autres possibilités
- Espaces culturels, galeries d’art et musées : les adresses à écumer ne manquent pas. Le Contemporary Art Museum of Estonia (ou « EKKM », Eesti Kaasaegse Kunsti Muuseum) propose des expositions temporaires avant-gardistes et décalées. Le centre créatif Kultuurikatel (la « bouilloire culturelle ») agrège espaces d’exposition, salles de conférence et start-ups de création artistique, le tout glissé dans une ancienne centrale électrique. Quant à Fotografiska, l’antenne estonienne du célèbre musée suédois de la photographie contemporaine, celle-ci est logée dans un bâtiment de briques qui ne passe pas inaperçu. Vous trouverez également sur place un restaurant étoilé au Michelin et un rooftop bar.
- La marina de Port Noblessner : cet ancien chantier naval spécialisé dans la construction de sous-marins est la nouvelle « enclave » qui monte, à deux pas du musée maritime Leenusadam. Les hangars et vieux bâtiments industriels sont progressivement rénovés et convertis en musées/galeries (Kai Art Center, Navitrolla Gallery), brasserie (Põhjala), restos et logements.
- Partir en quête des maisons traditionnelles : vous trouverez les plus belles et les plus colorées le long des rues Salme et Valgevase – parfois habitées, parfois dégradées, parfois occupées par un adorable petit café.
| Et quelques adresses éparpillées dans le quartier
- Pour se restaurer : F-Hoone, un bar-resto incontournable dans le quartier de Telliskivi avec ambiance post-industrielle et déco colorée (ouvert à partir de 9 h le matin pour le petit-déjeuner/brunch) ; Kohvik Sesoon pour une cuisine à base de produits frais et locaux.
- Pour sortir et boire un verre : F-Hoone à nouveau, le bar TOPS, Peatus (bar et stands de street food logés dans deux anciens wagons), Heldeke! (bar-théâtre faisant aussi office de sauna), la brasserie Põhjala (la plus importante des micro-brasseries estoniennes)…
- Pour les amateurs de sauna : derrière une jolie façade Art Déco se cache un des plus vieux saunas publics de Tallinn, Kalma Saun, construit en 1928. Une pierre angulaire de la culture estonienne ! Les saunas jouent un rôle tellement important dans le quotidien estonien que même la brasserie Põhjala a glissé un sauna entre ses murs, qui peut être loué pour 50 euros la première heure, puis 30 euros supplémentaires les heures suivantes.
| Rejoindre Kalamaja
Comptez une petite demi-heure de marche depuis le vieux centre médiéval, ou bien optez pour un coup de tram (ligne 1 ou 2 direction Kopli), avec arrêt à Balti Jaam ou Telliskivi.
| L’Est de la ville : art et palais
Plus cossue, la partie orientale de la ville a conservé elle aussi quelques belles maisons en bois traditionnelles. Si vous manquez de temps pour vagabonder au hasard des rues – essentiellement résidentielles – filez vers le palais baroque de Kadriorg ou le Kumu Museum, fantastiques l’un comme l’autre.



Le palais de Kadriorg (début XVIIIe), tout de rouge vêtu, était la résidence d’été du tsar russe Pierre le Grand. Il abrite aujourd’hui une jolie collection de peintures russes, flamandes, allemandes et italiennes du XVIe au XIXe siècles.


Le Kumu Museum, quant à lui, est un des musées d’art moderne les plus fascinants de la région balte. L’art estonien y est à la fête, de la fin du XVIIIe siècle jusqu’à nos jours. Et l’architecture n’est pas en reste : le bâtiment est un splendide vaisseau de pierre calcaire et de verre, aux étonnantes perspectives géométriques.





Et avant de quitter le quartier, attablez-vous chez NOP (Neighborhood, Organic, Practical), une chouette adresse pour se restaurer loin des grands axes.
| Explorer Tallinn : verdict
Impossible de ne pas succomber au charme de Tallinn, même dans la grisaille hivernale, et difficile d’imaginer vieille-ville plus enchanteresse… Mais le plus bel atout de Tallinn est aussi son point faible : Vanalinn est presque « trop » belle, « trop » lisse. Un conseil donc : élargissez votre champ d’exploration et n’oubliez pas de zigzaguer dans les faubourgs de la capitale estonienne. La périphérie est certes moins photogénique que la ville médiévale, mais elle est bien plus vivante et moins touristique !
| Combien de temps consacrer à la capitale estonienne
Même topo que pour Vilnius et Riga : rien n’empêche de faire le tour du vieux centre médiéval en une journée mais pour profiter vraiment de la ville, nous vous recommandons de passer au moins deux jours sur place, trois dans l’idéal pour vous aventurer hors des sentiers battus. En plus des pistes d’exploration passées en revue dans l’article, Tallinn offre encore d’autres possibilités de balade et d’autres quartiers à découvrir : Rotermanni kvartal (le premier quartier industriel à avoir eu droit à son lifting), la forêt et le bord de mer de Pirita, le quartier de Kopli… De quoi nourrir une prochaine virée estonienne !
| Tallinn Card
Disponible pour 24 h, 48 h, ou 72 h, la Tallinn Card permet d’accéder à plus d’un quarantaine de sites, d’emprunter « gratuitement » le réseau de transports et de bénéficier de tout un ensemble d’activités. Le coût peut dissuader à première vue mais la carte est vite rentabilisée. Seul point négatif : la durée relativement restreinte d’utilisation oblige à enchaîner les visites. Vous trouverez plus d’infos sur ce site, avec la possibilité de faire vos simulations de calcul avant achat, en fonction de vos centres d’intérêt et de vos visites prévisionnelles. La carte s’achète en ligne ou auprès de l’Office du tourisme.
Tallinn – mars 2020