Arménie

Lori et la vallée de la Debed

En préparant notre itinéraire arménien et notre virée par la région de Lori, tout au nord du pays, nous avons l’impression que presque tous les posts et articles de blog qui nous passent sous les yeux brossent à peu près le même tableau : celui d’une province dont l’intérêt se limiterait peu ou prou à une seule vallée, celle de la rivière Debed, constellée de monastères fabuleux inscrits à l’Unesco mais défigurée par les anciennes industries soviétiques.

Vue sur le village de Debet en Arménie

C’est peu dire que nous tombons de haut en nous engageant dans la région. Pendant trois jours nous tournons en boucle : « Oooooh ! » par-ci, « Aaaaaah ! » par-là. Quelle beauté ! Quel dégradé de vert ! Quelle province étourdissante ! Quelle surprise, finalement.

Région de Lori en Arménie : arbre et montagnes

Bien plus que le versant minier tout rouillé et décati, qui serait presque l’exception plus que la règle, nous retenons d’abord de Lori les fabuleuses gorges boisées qui veinent la région, les paysages ciselés et les montagnes chapeautées de neige dans le lointain, les hauts plateaux recouverts d’herbes folles et de fleurs des champs, les petits villages agrippés à d’improbables saillies, sans oublier les églises en ruine avalées par la forêt, et ces invraisemblables monastères, parmi les plus beaux croisés dans le pays.

Notre objectif, à travers cet article, est de faire voler en éclats l’idée que la vallée de la Debed ferait grise mine, qu’elle s’effacerait derrière les industries d’Alaverdi, et de dynamiter plus globalement cette espèce de bilan en demi-teinte qui semble coller à la peau de la région.

Monastère d'Haghartsin en Arménie
Paysage de gorge dans la région de Lori en Arménie
Gorges de la Debed en Arménie

L’étape nous envoûte et nous glissons sans hésiter la province de Lori dans notre top trois des régions les plus attachantes d’Arménie – quasi exæquo avec la région d’Eghenadzor dont nous vous reparlerons bientôt.

Les villages de Debet et Dsegh, et quelques pas sur le Giqor trail

Pour naviguer dans ce décor pas banal, nous choisissons de nous baser dans le petit village de Debet, à l’écart de la grande vallée principale. Bonne pioche : nous sommes un poil enclavés mais l’ambiance nous plaît d’emblée et en nous extirpant des villes ouvrières et de l’axe le plus parcouru, nous découvrons la région de la Debed sous un tout autre jour que celui qui se dessinait au moment de nos recherches.

Chamich Guesthouse Lori
Vue depuis la Chamich Guesthouse Lori
Vue depuis la Chamich Guesthouse Lori

D’une certaine façon, nous mettons toutes les chances de notre côté pour tomber amoureux de la région. La maison d’hôtes dans laquelle nous posons nos bagages, la Chamich guesthouse, est une petite merveille joliment retapée, nichée dans une vallée vert tendre constellée d’arbres en fleurs et d’élégantes maisons en pierre. Pour ne rien gâcher nous nous régalons trois soirs durant, choyés par les cuisinières du village qui à tour de rôle nous concoctent de délicieux dîners saupoudrés d’une farandole d’herbes et de champignons sauvages.

Terrasse de la Chamich Guesthouse

Tant qu’à nous trouver dans cette zone à l’est de la Debed, nous décidons d’aller rendre visite au village voisin du nôtre, juché sur sur un haut plateau en surplomb des gorges. Le village de Dsegh, comme celui de Debet, a du charme à revendre et la route de montagne qui permet de l’atteindre nous gratifie d’un panorama imprenable. Nous ne sommes pas les premiers à en prendre plein les mirettes : les trois parasols de béton qui s’élèvent au détour d’un virage nous laissent penser que les urbanistes soviétiques étaient eux aussi tout tourneboulés par la vue.

Vue sur le village de Debet
Gorges dans la région de Lori en Arménie

Dsegh est connu dans toute l’Arménie pour avoir vu naître le plus grand poète du pays, Hovhannes Tumanyan (1869-1923). Comme nous ne connaissons rien à son œuvre, nous traversons le village à grandes enjambées, filons à travers les pâturages et plongeons quasi littéralement en forêt.

Vaches broutant sur le plateau de Dsegh dans la région de Lori
Plateau de Dsegh région de Lori
Vue sur les gorges de la région de Lori

Tumanyan ne reste cependant pas bien loin : c’est un de ses poèmes qui donne le ton à notre balade et son nom au sentier de randonnée sur lequel nous nous élançons, le Giqor trail. Le poème en question fut adapté en film et une des scènes tournée dans la forêt épaisse qui dégringole en contrebas de Dsegh.

Khachkar recouvert de mousse dans la forêt
Monastère de Saint Grégoire l’Illuminateur sur le Giqor trail

Le vieux sentier qui s’enfonce dans la gorge est tapissé de pierres patinées, de feuilles et de branchages, et flanqué de toute une collection de vénérables khachkars moussus, jalonnant le sous-bois jusqu’aux ruines du monastère de Saint Grégoire l’Illuminateur (Bardzrakash St. Gregory – Xe/XIIIe) englouties par la végétation touffue.

Ruines du monastère de Saint Grégoire l’Illuminateur sur le Giqor trail

| Conseils pour arpenter le Giqor Trail

La balade est facile, pas très longue (si vous vous arrêtez au monastère) et presque entièrement en forêt. Nous vous la recommandons pour sortir des sentiers battus, au sens figuré comme au sens propre, et pour échapper au soleil en plein été. Le chemin se repère facilement : la randonnée est indiquée sur le site/appli Hike Armenia (une vraie mine d’or) et fléchée depuis le centre du village de Dsegh. L’itinéraire se poursuit normalement jusqu’en bas de la gorge mais par commodité, comme nous étions garés à Dsegh, nous avons fait demi-tour à mi-parcours. Comptez 5 km pour effectuer l’aller-retour jusqu’au monastère depuis le centre de Dsegh, soit une grosse heure de marche environ.

Odzoun et ses environs : une journée en surplomb de la Debed

Le deuxième secteur que nous explorons est celui d’Odzoun, un village perché sur le rebord du canyon, à quelques kilomètres de la ville d’Alaverdi. C’est notre première vraie rencontre avec la vallée de la Debed, et quelle rencontre !

Vue sur les gorges de la Debed en Arménie
Vue sur les gorges de la Debed en Arménie

Pour en profiter au maximum, nous décidons de chausser à nouveau nos baskets et de nous engager sur une balade en balcon qui, pour un moindre effort, se montre particulièrement généreuse en matière de points de vue. Partis un peu tard, nous nous arrêtons au monastère abandonné d’Horomayr (XIIe-XIIIe), construit dans la falaise, et rebroussons chemin sans parvenir à détacher le regard de la gorge qui serpente sous nos yeux. Il n’y a qu’une classe de petits écoliers arméniens pour nous arracher à notre contemplation, la bouche pleine de « Where are you from? What are your names? Do you like Armenia? »

Vue sur les gorges de la Debed en Arménie

| Randonner entre Odzoun et Kobayr

L’itinéraire se trouve ici. Encore une fois, nous n’avons arpenté qu’une partie du sentier, pour une question de temps et de logistique. La randonnée dans sa globalité permet de rejoindre Odzoun depuis le monastère en ruines de Kobayr, ou inversement de partir d’Odzoun, sur le plateau, et de cavaler vers Kobayr, en bas de la gorge. Le sentier est pentu par endroit mais ne pose pas de difficultés. Pour un aller-retour depuis l’église d’Odzoun jusqu’aux ruines d’Horomayr (un second monastère abandonné, situé au tiers du parcours), la distance totale est de 6 km – environ 1 heure 30 sans traîner. Nous n’avons pas noté le dénivelé mais l’effort se concentre sur le bas du village d’Odzoun, avec une descente/montée (suivant le sens dans lequel vous progressez) assez prononcée.

Vue sur les gorges de la Debed en Arménie

Revenus à notre point de départ, nous nous joignons à la foule qui papote et déambule autour de la basilique d’Odzoun. Encore une sortie scolaire ? Un pèlerinage ? C’est la première fois depuis notre arrivée en Arménie que nous croisons autant de monde dans une église – hors messe de Pâques et cars touristiques. L’ambiance est joyeuse et même si la visite est vite faite, nous prenons plaisir à flâner un moment autour de l’édifice, auquel nous trouvons fière allure avec ses élégantes galeries extérieures à colonnades.

Monastère d'Odzoun
Monastère d'Odzoun
Monastère d'Odzoun

Nous ne nous attardons pas trop quand même : l’heure du repas approche et nous sommes attendus. Une dizaine de jours plus tôt, nous avions entamé notre visite d’Erevan par un food tour piloté par 2492 Travel, une petite agence arménienne ayant fait de l’écotourisme son credo. Cette fois, et pour l’anniversaire de Jeff, c’est une des appétissantes « Wild Tables » de 2492 que nous décidons de tester.

La plupart du temps Sergo, le propriétaire du B&B Odzoun, est aux manettes – ou aux brochettes – mais aujourd’hui, la préparation du repas a été déléguée à son fils et à sa belle-fille. Un coup de Lada Niva et nous les rejoignons sur les hauteurs d’Odzoun, dans une clairière ombragée offrant une vue plongeante sur la vallée.

Wild Table Odzoun 2492

Nos deux cuisiniers font valser les assiettes. Un coup de fourchette par-ci, un autre par-là. Tout est frais, fin et équilibré : les fraises, le miel et les tartines de fromages locaux en apéritif ; les toasts parsemés de poivrons, de crème de noix ou de cerfeuil et grenade en guise d’hors-d’œuvre ; les légumes frais, le riz aux fruits secs et les galettes de légumes… Nous ne savons plus où donner ni de la tête ni du ventre, et nous concluons ce festin en piquant du nez dans la chaise longue installée au soleil. La cuisine arménienne a décidément bien plus d’un tour dans son sac !

| Wild Tables

Les Tables Sauvages / « Wild Tables » de 2492 Travel (une émanation de One Armenia, la principale ONG arménienne consacrée au développement d’un tourisme durable et communautaire dans le pays) sont pensées comme des sortes de pique-niques ++ organisés dans des endroits grandioses et confiés à des restaurateurs et aubergistes de la région. La formule rencontre un succès grandissant depuis deux années et nous comprenons pourquoi : le repas est divin et l’expérience extra. Le seul bémol concerne les prix, assez rédhibitoires pour deux personnes – à savoir que plus le nombre de convives augmente, et plus le coût diminue. Vous trouverez plus d’information ici.

Avant de quitter le plateau d’Odzoun et de nous en retourner vers Debet, nous faisons deux derniers arrêts. Le premier, au niveau du village d’Aygehat (Qari Glukh viewpoint sur Google), nous offre une nouvelle vue de haut vol sur la gorge et le formidable à-pic voisin.

Vue sur la gorge de la Debed dans la région de Lori

Le second, pas bien loin, nous mène tout au bout du village d’Ardvi, blotti au pied des collines dans un paisible repli montagneux. Nous y dénichons un énième petit monastère (Surb Hovhannes), tout simple et ravissant dans la lumière dorée de fin d’après-midi, ainsi qu’une source sacrée qui serait réputée pour ses vertus médicinales.

Le monastère Surb Hovhannes à Ardvi
Le monastère Surb Hovhannes à Ardvi
Vue sur le village d'Ardvi

D’un monastère à l’autre

Nous avons démarré notre exploration de la région en douceur, en nous imprégnant des vallées parallèles et en sautillant d’un plateau à l’autre. Il est temps d’entrer maintenant dans le dur et de nous attaquer à la visite de ces fameux monastères qui font la renommée de la vallée de la Debed.

| Haghpat

Le premier monastère qui nous tombe sous la main – façon de parler tant la route tournicote pour l’atteindre – est le monastère d’Haghpat, fondé au Xe siècle et classé à l’Unesco.

Monastère d'Haghpat dans les gorges de la Debed en Arménie
Monastère d'Haghpat dans les gorges de la Debed en Arménie
Monastère d'Haghpat dans les gorges de la Debed en Arménie

Sans nous lancer dans un inventaire très pointu, Haghpat nous plaît beaucoup pour son cadre, tout aussi beau que celui qui accompagne tous les monastères de ce pays, ses jolies fresques et sa collection variée d’édifices – un scriptorium, un réfectoire, un beffroi, plusieurs chapelles, en plus de la traditionnelle église.

Monastère d'Haghpat dans les gorges de la Debed en Arménie
Monastère d'Haghpat dans les gorges de la Debed en Arménie
Monastère d'Haghpat dans les gorges de la Debed en Arménie

Pour ne rien gâcher, et pour parfaire encore un peu plus la sacralité des lieux, notre visite est ponctuée par un chœur de femmes venues tester l’acoustique des grandes salles voutées – leurs voix sont si belles qu’elles nous laissent doublement envoûtés !

Monastère d'Haghpat dans les gorges de la Debed en Arménie
Monastère d'Haghpat dans les gorges de la Debed en Arménie

| Akhtala

Nous nous serions bien lancés dans la randonnée reliant Haghpat à Sanahin mais ne sachant pas comment retourner à notre point de départ pour récupérer notre voiture, nous laissons tomber l’idée et poursuivons notre route jusqu’au magnifique monastère d’Akhtala (XIIIe siècle), installé sur l’autre versant de la vallée.

Monastère d'Akhtala dans les gorges de la Debed en Arménie

Nous avions croisé quelques fresques élégantes mais un poil fanées depuis le début de notre virée arménienne ; celles d’Akhtala, élues à l’unanimité les plus belles du pays, nous propulsent dans une tout autre dimension. La couleur, omniprésente, est époustouflante.

Détails des fresques du monastère d'Akhtala, dans les gorges de la Debed en Arménie
Détails des fresques du monastère d'Akhtala, dans les gorges de la Debed en Arménie
Détails des fresques du monastère d'Akhtala, dans les gorges de la Debed en Arménie

Nous aurions pu rester une heure entière à détailler chaque pan de mur si un groupe de tik-tokeuses-instagrammeuses ne s’était pas mis en tête de tirer le portrait de bébé Romane sous toutes les coutures, nous obligeant à prendre la poudre d’escampette. Voilà un effet du voyage avec enfant sur lequel nous n’aurions pas misé…

Monastère d'Akhtala, dans les gorges de la Debed en Arménie

| Sanahin

Revenus du côté d’Alaverdi, nous terminons notre magistrale tournée monastique par la découverte de Sanahin, fondé au Xe siècle et grand rival du monastère d’Haghpat. Depuis onze siècles les deux monastères sont à couteaux tirés, se querellant au sujet de leur ascendance, de leur prestige ou du raffinement de leur école d’enluminure et de calligraphie – tous deux ayant été pendant des siècles d’importants centres de diffusion de la culture. L’affaire va si loin que selon la rumeur, le nom de Sanahin signifierait même « plus ancien que celui-là »…

Dans cette compétition, désormais toute relative, qui oppose Sanahin et Haghpat, nous choisissons de ne pas prendre parti et nous déclarons notre flamme aux deux monastères, tout aussi éblouissant l’un que l’autre.

Monastère de Sanahin dans les gorges de la Debed en Arménie
Monastère de Sanahin dans les gorges de la Debed en Arménie

Enfin… éblouissant n’est pas le bon terme. Si nous devions trouver un trait distinctif au monastère de Sanahin, nous dirions même que c’est l’ambiance crépusculaire des lieux qui nous fascine, et la patine noire des murs de pierre.

Monastère de Sanahin dans les gorges de la Debed en Arménie
Le dallage à base de tombes médiévales n’est pas mal non plus !
Monastère de Sanahin dans les gorges de la Debed en Arménie
Monastère de Sanahin dans les gorges de la Debed en Arménie
Monastère de Sanahin dans les gorges de la Debed en Arménie

| Conseils pour naviguer entre les monastères

Les monastères d’Haghpat et Sanahin peuvent être ralliés en bus depuis Alaverdi. Pour rejoindre le monastère d’Akhtala comme celui d’Odzoun, que nous avions visité la veille, un taxi est en revanche obligatoire. Avoir son propre véhicule est évidemment un vrai atout mais prenez garde à l’état de la route : celle d’Akhtala a connu de meilleurs jours…

Autre conseil, si vous cherchez à vous rassasier entre deux temps d’élévation spirituelle : la petite cantine nichée à côté du monastère d’Akhtala (Nurik) constitue une option parfaite. Elle est gérée par la Armenian Young Women Association, qui en a fait un centre culturel.

Les gorges versant industriel : Alaverdi

Et Alaverdi alors ? Nous ne faisons que longer la ville ou la surplomber, sans prendre le temps d’arpenter ses rues. La vue sur la gigantesque mine à l’arrêt – une monumentale fonderie de cuivre – est ahurissante et nous passons un moment à scruter le site sous différents angles. La fermeture de l’usine en 2018 a laissé des centaines de travailleurs sur le carreau, et l’ambiance s’en ressent.

Alaverdi : vue sur la mine à l'abandon
Alaverdi : barres d'habitation et téléphérique à l'arrêt

Ce n’est pas la première fois que nous trouvons sur notre route une de ces villes fantômes partie en lambeaux après la chute de l’URSS et le démantèlement des industries. Alaverdi, en fond de vallée, et Sanahin, sa partie haute que desservait jusqu’en 2015 par un téléphérique, semblent toutes deux tombées en léthargie. Les traverser fait l’effet d’un voyage dans le temps, comme si l’URSS n’avait jamais cessé d’exister – à la différence près qu’à l’époque soviétique, les industries tournaient à plein et le taux de chômage n’était pas celui qu’il est aujourd’hui. La désertion de la population et la précarité des habitants sautent aux yeux, tout comme la difficulté de la ville à se réinventer.

Alaverdi : vue sur la mine à l'abandon
Vue sur la ville d'Alaverdi en Arménie

Bizarrement, c’est aussi autour d’Alaverdi que les paysages nous paraissent les plus spectaculaires. Le décalage entre la nature luxuriante et les impressionnants jeux du relief d’un côté, et de l’autre la carcasse d’acier à l’abandon, les barres d’habitation faites d’un empilement de bric et de broc et les balcons bidouillés avec de vieux bouts de tôles faisant office de rambardes… tout compose un tableau étrange, à la fois repoussant et magnétique.

Paysage de montagne dans la région de Lori en Arménie

Tout est si étroitement imbriqué que nous finissons par ne plus savoir ce qui est beau et ce qui ne l’est pas. Ou plutôt, nous avons le sentiment qu’à force de contempler pareille toile, la laideur même finit par devenir anecdotique et se dissoudre dans le paysage. Ces gorges de la Debed nous auront décidément chamboulé les rétines !

Vue sur les gorges de la Debed

| Conseils pratiques pour explorer la région

  • Randonner : Nous avons utilisé de façon compulsive l’application Hike Armenia, une ressource précieuse pour identifier de formidables randonnées avec un filtre disponible par région (ici : « Lori »). Nous nous serions bien promenés sur le Kayan Berd trail mais nous avons manqué de temps. Les 8 km de marche entre Haghpat et Sanahin nous auraient bien dit aussi – mais ces randonnées « aller simple » sont finalement plus faciles à organiser sans véhicule. Dans tous les cas, les possibilités ne manquent pas !
  • Admirer la région d’en haut : Nous avons dégoté une ribambelle de points de vue au fil de nos balades. En voici trois accessibles sans effort : Qari Glukh à proximité d’Odzoun, le parking de Mendz Er Cave en redescendant de Sanahin, et le bout de champ situé en contrebas du musée des frères Mikoyan, toujours à Sanahin (celui-ci ne figure sur aucune carte, nous nous sommes juste baladés à l’improviste).
  • Loger à proximité des gorges de la Debed : En étant motorisés, le meilleur choix est de s’installer dans un petit village à l’écart du fond de vallée. Nous avons dû systématiquement faire 30 minutes de route pour atteindre nos différents lieux de visite mais l’emplacement du village de Debet nous a ravis, et nous avons tout autant adoré notre logement, la Chamich Guesthouse. Dsegh est sûrement pas mal non plus pour une mise au vert de quelques jours (la Sona guesthouse reçoit de très bon avis), mais vous y serez plus isolé encore. Odzoun est plus central et constitue un bon compromis pour ceux qui ne voudraient pas trop rouler – nous vous renvoyons dans ce cas vers le Odzun B&B. Sans voiture, le plus simple sera de loger sur Alaverdi et de jongler entre taxi et marshrutka. La région compte de nombreuses guesthouses plus sympathiques les unes que les autres, où l’accent est mis à la fois sur l’accueil et sur la découverte gastronomique – amateurs de succulents repas faits maison vous ne pourrez qu’être conquis.
  • Et Vanadzor ? : La porte d’entrée de la région est Vanadzor, la 3e ville du pays, située au sud de la vallée de la Debed. Nous n’avons fait que la traverser et n’avons donc pas grand chose à en dire. Si vous prévoyez de ne passer qu’une seule journée dans la vallée de la Debed, se baser sur Vanadzor peut faire sens, mais il vous faudra rouler une heure avant de rejoindre Alaverdi. Sur Vanadzor, nous avons entendu beaucoup de bien du MagHay B&B Hotel. Pour un séjour plus long, ou pour vous immerger davantage dans l’ambiance si particulière des gorges, nous vous renvoyons à nos conseils ci-dessus.
  • Se restaurer : Nous avons pris la majorité de nos repas à la Chamich Guesthouse et n’avons finalement testé qu’un seule restaurant dans la région, Nurik, à deux pas du monastère d’Akhtala. Nous avions d’autres adresses sous le coude, que nous n’avons pas testées mais que nous vous partageons quand même : le Home Restaurant B&B à Vanadzor, le Flying Samovar Cafe à Toumanyan (fermé lors de notre passage) et le Fairy Tale à Pambak. Un conseil : contactez les propriétaires en amont par mail, Instagram/Facebook ou par téléphone. Beaucoup n’accueillent qu’une poignée de voyageurs par mois et en vous présentant à l’improviste, vous risquez de trouver porte close (ce qui a été notre cas à Vanadzor).

Notre avis sur la région de Lori, Alaverdi et la Debed : Vous l’aurez compris, nous avons adoré la province de Lori qui reste une de nos plus belles découvertes en Arménie. Nous avons passé 2 jours 1/2 sur place et nous aurions bien glissé une journée supplémentaire pour randonner davantage. C’est d’ailleurs cette combinaison entre randonnée dans un cadre exceptionnel, et découverte de monastères parmi les plus beaux du pays qui nous a enchantés. Nous vous encourageons donc vivement à ne pas faire l’impasse sur la région, mais aussi à ne pas vous limiter au secteur d’Alaverdi sous peine de succomber à son spleen soviétique. Au risque de nous répéter : la vallée de la Debed n’est qu’une vallée parmi d’autres et toute la province mérite d’être explorée.

Lori – mai 2025

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